ownCloud est un service de stockage en ligne fonctionnant exactement sur le même modèle que Dropbox. La différence entre ces deux services réside dans le fait qu'ownCloud est un cloud privé à installer sur son propre serveur.
J'ai récemment voulu tester cet outil, après en avoir lu une description flateuse sur TechCrunch.
L'installation d'ownCloud est en soit extrêmement simple. Là où j'ai rencontré une difficulté, c'est sur le fait que je souhaitais l'installer sur mon hébergement mutualisé OVH.
Le premier point pour que cette installation puisse avoir lieu, est de créer un fichier .htaccess à placer à la racine du serveur avec le fichier d'installation d'ownCloud et qui va paramétrer le serveur pour exécuter la version 5.3 ou plus de PHP. Ce fichier .htaccess doit donc se composer d'une ligne :
SetEnv PHP_VER 5_TEST
Ensuite, la seconde difficulté rencontrée, consistait dans le fait qu'une fois installé, ownCloud ne détectait qu'1B d'espace disponible et n'avait pu que créer les dossiers que je lui demandais de synchroniser, sans uploader aucun fichier.
Cela vient du fait que dans les fichiers de configuration, l'outil cherche à calculer l'espace mis à sa disposition sur le serveur. Hors, sur un hébergement mutualisé comme ceux d'OVH, l'espace de stockage est potentiellement énorme, même si seule une toute petite partie nous est allouée. Et le serveur refuse probablement de dévoiler quel est l'espace total disponible.
Pour qu'ownCloud fonctionne correctement, il convient donc de modifier un des fichiers du logiciel. Pour cela, il faut se rendre dans le dossier lib/filestorage/ puis ouvrir le fichier local.php.
A la ligne 206, dans la fonction free_space, vous allez remplacer
return @disk_free_space($this->datadir.$path);
par
return disk_free_space('/');
Avec ca, l'espace de votre hébergement devrait être correctement calculé et vous devriez être en mesure de synchroniser vos fichiers.
Récemment installé dans la région, il m'était difficile de passer à côté de cette course mythique que tous les coureurs rhônalpins amateurs de trail et de longue distance ont ou ont eu dans le viseur à un moment de leur vie. Cette année se courait la 59ème édition, ce qui en fait également la plus vieille des courses de ce genre. Pour l'occasion, le tracé a d'ailleurs été un tout petit peu modifié, s'allongeant de 2km et prenant un poil de dénivelé supplémentaire.
Pour être sûr de ne pas passer côté de ce bel évènement, j'ai acheté mon dossard dès le mois de juillet, et je me suis concocté un plan d'entraînement sur 3 mois et demi, à raison de 5 séances par semaine. Il est difficile dès la mi-août de se booster lorsque l'échéance est prévue pour le 1er décembre, mais je me suis également programmé des courses intermédiaires qui m'ont permis de me jauger et de me définir un objectif de temps réaliste. C'est ainsi que je me suis aligné sur le 26km du Trail de Saint-Jacques fin septembre (600m D+ / 850m D-) qui faisait en fait 29km et sur lequel je finis 15ème / 450 coureurs (mon meilleur classement sur une course) en 2h29' ; le trail du Gargomançois dans les gorges de la Loire (28km - 1200m D+/D-) où je perds une chaussure dans la boue que j'ai cherchée 6/7 minutes et que je finis aux alentours de la 65ème position sur environ 200 coureurs ; le marathon de Toulouse où j'avais pour objectif de m'appocher des 3h15 et où je finirais en 3h28'30" mais dans un climat glacial (3°C), puis enfin le Trail Urbain de Saint-Etienne où je finis 80ème sur quelques 600 coureurs en 2h25'.
Bien que le marathon de Toulouse et le Trail Urbain de Saint-Etienne se soient courus sur deux week-end consécutifs, ce programme était globalement bien équilibré, et m'a permis de bien progresser, notamment sur mes capacités en montées. J'avais en effet intégré une séance de fractionné en côte, une séance d'escaliers, une séance au seuil et une sortie "longue" d'environ 18/19km en trail chaque semaine.
J'ai donc abordé cette SaintéLyon plutôt confiant, et avec pour objectif de la boucler en moins de 8h. Pour mémoire, j'avais fait 9h58' sur l'Ecotrail au printemps. La SaintéLyon faisant 10km de moins, ayant un peu moins de dénivelé, et ayant bien progressé sur ces 3 mois et demi d'entrainement, cet objectif était tout à fait réaliste. C'était sans compter sur un invité surprise : le climat. Mais je vais y revenir...
Dernier point important, je n'ai à déplorer aucune blessure si ce n'est une toute petite bursite au talon gauche, passée après 3/4 jours sous anti-inflammatoires, 3 semaines avant l'évènement. Venons en donc aux faits.
Une course entre copains
2 jours avant la SaintéLyon, je suis en déplacement à Grenoble pour une journée sur le digital organisée par GEM. C'est assez naturellement que je participe à la conférence sur le sport et le digital, co-animée par Franck, responsable du digital chez Amer Sports. En discutant à la fin de la table ronde, on se rend compte qu'on a tous les deux décidés de s'aligner sur la SaintéLyon, et qu'on a, à quelque chose près, les mêmes objectifs de temps. Rendez-vous est donc pris pour le samedi.
Entre-temps, je suis passé au Parc Expo le vendredi soir pour récupérer mon dossard et éviter la foule du samedi. Bien m'en a pris car, au vu des dizaines de mètres de barrières mises en place, ça laissait présager de longs moments d'attente dans ce hangar glacial...
Une journée pour se mettre dans l'ambiance
Le samedi aura été une journée calme mais assez peu centrée sur la SaintéLyon. J'ai pris le temps de m'occuper en partie des cadeaux de Noël, de me ballader un peu. Je profite du déjeuner pour faire le plein de sucres lents avec un gros plat de riz.
Arrivé en fin d'après-midi, je tente une sieste de 40 minutes pour accumuler un peu de repos et anticiper la nuit blanche qui m'attend, mais on ne se refait pas, et mon incapacité à faire la sieste aura pris le dessus. Cela dit, ce moment de repos m'aura quand même fait du bien. Une fois cette petite sieste passée, le temps va commencer à se faire long. Mon esprit est fixé sur la nuit qui m'attend, les conditions climatiques compliquées à gérer, et le froid dans lequel il va falloir se jeter.
Vers 20h, je fais le choix de faire un dîner copieux, fait d'un gros plat de pâtes, qui sera largement digéré avant le départ donné à minuit. Je continue donc le plein de sucres lents, et je sais que je souffre très peu, voire pas du tout, de problèmes de digestions. Je peux donc me permettre ce dîner copieux.
J'attends ensuite patiemment 22h, pour partir de chez moi et me rendre vers les hangars de Parc Expo, d'où sera donné le départ. Je pars habillé normalement, couvert, avec toutes mes affaires dans un sac à dos. A cette heure là, les trams passent de manière épisodique. C'est donc à pied que je me rends sur place. Le trajet me semble long dans ce froid mordant, et je dois dire que la pression commence à monter doucement. Mais il s'agit en fait tout autant d'excitation que de pression.
Lorsque j'arrive sur place, le hangar dédié au repos et au changement des coureurs est plein à craquer. Tout le monde reste au chaud, certains se reposent encore sous des sacs de couchage. J'en profite pour me changer, rapidement et vérifier mon matériel. J'ai opté pour le short avec les bas de contention (manchons de mollet) plutôt que pour le collant car mes collants sont un peu courts et ont tendance à glisser, et que je me sens plus à l'aise dans cette tenue. Au pied, j'ai mes Mizuno Wave Ascend qui vont se révéler parfaites pour cette course. En haut, un lycra Under Armor, un t-shirt technique et une veste Gore fraîchement acquise pour être équipée comme il faut pour la SaintéLyon et affronter le froid et l'humidité.
Le départ
Nous sommes dans la dernière ligne droite avant le coup de pistolet. Je reste au chaud dans le hangar. Sur les longues distances de ce type, je m'échauffe assez peu car le départ se fait sur un rythme peu soutenu et que l'effort se gère dans la durée. J'en profite donc pour rappeler Franck et convenir d'un point de rendez-vous avec lui. Je le retrouve à 1/2h du départ. Il est avec sa compagne et deux copains, en train de se changer.
Une fois son matériel sur le dos, nous ne traînons pas et allons nous placer dans le sas de départ. Pour moi, ce sera le sas des 7-9h, où nous retrouvons avec Franck d'autres de ses copains . Nous ferons d'ailleurs une grosse moitié de la course avec eux, car nous partegerons l'objectif de finir en moins de 8h.
L'ambiance commence à monter. Christine Aron est sur le podium pour donner le départ. Les frontales s'allument petit à petit et il me tarde d'en découdre. Des échos nous arrivent pour nous dire qu'il y aurait 20 à 30cm de neige fraîche en hauteur.
Une première moitié de course fraîche mais magique
Ca y est, le départ est donné. Avec Franck et ses comparses, nous partons sur un rythme d'environ 12km/h. La foulée est bonne mais nous ne dépensons pas d'énergie superflue. On remonte petit à petit le cortège de coureurs. Les 7 premiers kilomètres sont urbains et relativement plats. Il faut donc faire attention à ne pas s'emballer. Une fois ces 7 km passés, nous entrons dans le vif du sujet, avec une montée d'environ 20km pour 600/700m D+, soit le gros du morceau. Notre foulée est toujours légère. Un des copains de Franck nous raisonne lorsque le rythme s'emballe un peu, mais globalement nous tenons l'objectif de temps, ni plus ni moins.
Puis la montée faisant son effet, le bitume se couvre de verglas, et c'est là que les ennuis vont commencer. Fort heureusement nous quittons enfin le bitume vers le 10ème km pour nous engager sur des sentiers, qui à défaut de verglas vont se couvrir de neige. Plus nous prenons de l'altitude, plus le manteau neigeux s'épaissit pour atteindre 30 à 40 cm par endroit. Lorsque je double les concurrents sur le côté des sentiers, je m'enfonce parfois jusqu'à mi-mollet. Ce sentier qui devait d'ailleurs être initialement assez large se transforme sur une bonne partie de cette montée en single, soit parce que la neige monte trop haut et que tout le monde suit la trace créée par ceux qui sont passés avant, soit parce que le centre du sentier est trop glissant, et que seuls les côtés sont pratiquables.
Vers le 13/14ème km je perds Franck et ses potes qui réaliseront une petite pause indispensable, et je continuerai ainsi en courant sans m'arrêter jusqu'au ravitaillement de Saint-Christo-en-Jarez au 16ème km. Je ne m'y arrête que très rapidement, je recharge mon camelback, bois un peu de coca, mange un peu de chocolat, de banane, de TUC et repars au bout de 3 min, soit ce que je m'étais fixé pour chaque ravito.
2 ou 3 km après Saint-Christo, j'entends un "Mais, ne serait-ce pas Romain ?" dans mon dos. C'est Franck et toute la troupe qui ne s'étaient pas arrêtés au ravitaillement et qui, comme moi, continuaient à remonter petit à petit la gros des coureurs. On reprend donc notre route tous ensembles, tentant de nous frayer un chemin entre les coureurs, les plaques de verglas et la neige.
Le tronçon entre Saint-Christo-en-Jarez et Sainte-Catherine-en-Jarez est magique et offre à voir un paysage lunaire. On arrive sur les hauteurs, tout est recouvert d'un manteau blanc et, même si on est en course, je prends quand même le temps de regarder autour de moi car avec le ciel dégagé et une lune bien remplie, on y voyait plutôt clair.
Vers le km 20, après avoir avalé un gel, je tente de m'hydrater un peu. Et là, surprise, l'eau a gelé dans le tuyau de mon camelback. J'apprendrais ainsi à mes dépends à quoi sert une gaine ou l'aluminum que mettent certains coureurs autour de ce tuyau. Je tenterais en vain de faire dégeler l'eau en gardant le tuyau dans ma main.
Nous arrivons au point culminant, et sur le plateau le vent est glacial. Ma veste Gore me protège à merveille, mais c'est le bout de mes gants qui commencent à geler.
Arrivés au ravitaillement de Sainte-Catherine, nous nous mettons d'accord avec le reste de l'équipe pour passer 3/4 minutes sur place, et se retrouver à la sortie de la tente. N'ayant plus la possibilité de me servir de mon camelback, je n'ai pas de plein à refaire. Par contre, j'en profite pour bien m'hydrater, et boire du coca. J'en profite pour me nourrir car le gels et barres de céréales seront plus durs à avaler par la suite, même si il me reste une bouteille de Powerade sur le côté du sac.
Et les difficultés arrivèrent...
Nous repartons tous ensemble de Sainte-Catherine, mais très vite, au bout de quelques centaines de mètres, nous perdons Franck. Je me retourne, mais je ne le vois plus. Franck souffrait depuis plusieurs semaines d'un syndrôme de l'essui glace au genou gauche, et si le début de course semblait bien se passer, j'ai eu peur que le verglas, quelques chutes et la neige ne l'aient mis à rude épreuve et qu'il ait été obligé d'arrêter. Nous continuons donc tous les autres, sans Franck.
Sur ce tronçon, le parcours va changer de physionomie du tout au tout. La neige a laissé la place au verglas, et si on trouve toujours de la neige en dehors des sentiers, sur le tracé, c'est le verglas qui recouvre sournoisement la terre, les feuilles et les cailloux. Nous allons donc tous commencer à enchaîner les chutes. Ma plus grosse chute a eu lieu un peu plus tôt, vers le 23/24ème kilomètre, et le choc m'a momentanément un peu engourdi le genou. Mais si les chutes de ce nouveau tronçon seront moins violentes, elles seront plus sournoises car je craindrais à 3/4 reprises de me vriller les genoux et de me flinguer une nouvelle fois les croisés. Je verrais un grand nombre de personnes tomber et se faire mal. Cette course aura été une hécatombe à ce niveau et entre le froid, la glace, la neige et la difficulté du parcours, 1000 personnes sur les 6000 engagées sur le 70km solo finiront par abandonner.
Pour le moment, ce n'est pas mon cas, et je ne me pose même pas la question. Par contre je suis obligé de fortement ralentir, tout particulièrement dans les descentes où je finis par marcher alors que sur les précédentes courses de la saison j'en avais plutôt fait une force.
Je perds progressivement le contact avec le reste du groupe et la fatigue commence à se faire sentir, notamment liée à cette incertitude permanente et à la concentration requise pour ne pas chuter. Arrivé au 33/34ème kilomètre, je suis obligé de marcher pour me ravitailler et reprendre des forces, alors même que je me suis jusque là imposé un programme de ravitaillement alternant gels et barres, tous les 4/5 km. La dépense énergétique est donc plus importante que sur une course classique, même si le ressenti est différent.
Je finis par arriver non sans mal au ravitaillement de Saint-Genoux. Je m'y arrête un peu, prends le temps de me ravitailler une fois encore et de m'hydrater, notamment en buvant pas mal de coca. Puis, sentant que je me refroidis à rester inactif, je repars, doucement. Mes jambes commencent à me faire souffrir, et je mets du temps à me réchauffer.
2km après le ravitaillement, un coureur fait une mauvaise chute juste devant moi et se roule par terre en se tenant le genou et en jurant. Je m'arrête donc pour l'aider à se remettre sur pied. Il me raconte ce qu'il a senti, et ca ressemble fortement à ce que j'avais senti lorsque je m'étais déchiré les croisés, notamment un "crack" assez caractéristique en plus d'une sensation d'engourdissement du genou et d'une incapacité à s'appuyer dessus. Je passe 5/6 minutes avec lui, tentant de l'aider à se relever. Je finis par réussir à le dissuader de continuer jusqu'au prochain ravito, mais de faire plutôt demi-tour, en clopinant pour retourner à Saint-Genoux. Je lui donne également le numéro du pc sécu en cas de besoin. Le voyant avancer tant bien que mal, je repars, frigorifié.
Le bout de mes gants est maintenant complètement gelé, et je me suis fait doubler par plus de cinquante coureurs. Je me force à me remettre en mouvement de manière un peu plus dynamique, et je finis par remonter progressivement le long de la file, mais je suis bien loin du rythme que j'avais sur les 35 premiers kilomètres, bien que le profil soit plutôt descendant.
Arrivés vers le kilomètre 43/44, j'entends de nouveau une voix dans mon dos. C'est Franck, qui fait une remontée incroyable ! Il semble avoir vécu une véritable traversée du désert entre Sainte-Catherine et Saint-Genoux, mais a soigné son genou à coup de Doliprane et a réussi à passer outre la douleur. Il me booste et m'aide à me relancer et nous reprenons donc la course ensemble.
Une fin de course en tandem et un objectif revu : moins de 9h...
Nous arrivons au ravito de Soucieu, au kilomètre 47. Il nous reste encore un gros semi devant nous, mais nous avons Lyon en visuel depuis plus de 10km, cette grande tâche de lumière qui illumine l'horizon. Nous prenons donc le temps de bien nous ravitailler, de changer les piles de nos frontales qui commençaient à devenir très faibles et nous repartons au bout d'une petite dizaine de minutes.
Les reprises post-ravitaillements sont de plus en plus délicates à gérer car les jambes sont lourdes et que nous nous refroidissons rapidement. Nous avançons kilomètre après kilomètre, en nous fixant des micro-objectifs, notamment en fixant le prochain ravitaillement et estimant le temps qu'il nous faudra pour l'atteindre.
Le terrain a une fois encore changé de physionomie et, si la neige s'est désorais mise à tombée, c'est la boue qui a envahit les sentiers. En grande quantité. Elle forme des marres par endroit, impossibles à éviter, et des ruisseaux dans les sentiers en pente, qui masquent un peu le relief mais rendent surtout le terrain très glissant (encore !). J'ai remercié à plus d'une reprise mes Wave Ascend qui ont une accroche parfaite sur neige, on fait le job sur sentier verglassé, sont plutôt agréables sur route sans s'user trop vite, et évacuent à merveille l'humidité de la boue / vase tout en y offrant une adhérence au top.
Ce type de terrain n'empêche pas pour autant le verglas, et sur le parcours nous croiserons une femme, allongée par terre sous sa couverture de survie, le téléphone posé par terre sous son visage, frigorifiée et en contact avec les pompiers. Elle refusera tout soutien, les pompiers étant à 200m de là.
Nous courons sur un rythme de 8.5 km/h. Nous finirons par arriver au dernier ravitaillement, à
l'entrée de Lyon, à Beaunant. Franck opte pour du chaud, une soupe. Je n'arrive pas à m'y résoudre, et je reste sur du coca et des fruits secs, des bananes, du chocolat. Nous faisons le point avec Franck et je lui assure que nous finirons en moins de 9h. Il en doute et m'exprime mon secptiscisme, mais au fond de lui je sens qu'il en a envie. Nous restons moins de 10 minutes puis repartons.
Ce dernier tronçon commence par la montée de Beaunant, longue d'environ 2km pour près de 100m de dénivelé positif. Elle est particulièrement casse-patte et je perds Franck au bout de 500m, qui a plus de jambes que moi. Mon objectif est maintenant de faire moins de 9h quoiqu'il arrive. Je cours dans cette montée qui se compose de 3 tronçons : 1 très raide, 1 moins raide, puis de nouveau 1 très raide. Suit une longue descente jusqu'aux berges de la Saône. Une fois en bas, nous la traversons et nous retrouvons sur la presqu'île pour un tour des quais de celle-ci qui me semblera interminable. Lorsque j'arrive au bout de la presqu'île et que je repasse sur le quai sud de celle-ci, côté Rhône, j'aperçois Gerland et le pont qui me fera passer du bon côté du Rhône. Ca me booste.
Je cherche Franck du regard, au loin, sans succès. J'avance. Je passe de l'autre côté du pont. Depuis bien longtemps, c'est ma tête qui me fait avancer, plus mes jambes. La neige tombe fort. Les photographes se multiplient, signe que nous approchons de l'arrivée. Panneau km 68. J'avance. Panneau km 69. C'est le dernier que je verrai et je le sais. Je vois Gerland et le Palais des sports.
Pour ce dernier kilomètre j'accélère, tentant de gratter quelques places. Je suis dans une belle ligne droite, puis tourne à angle droit, et là j'aperçois l'arche marquant l'entrée du Palais des Sports, le décompte de la distance. Un autre coureur tente de s'accrocher voyant que je finis en sprintant. Nous nous tiendrons sur 100m, puis il finira devant moi.
Nous entrons dans le Palais de Sports et je finis, éreinté, gelé, mais tellement ravi d'en être venu à bout sans blessure et dans un temps satisfaisant, 8h45', compte-tenu des conditions particulièrement difficiles. Il a en effet pu faire jusqu'à -7/-8°C sur les hauteurs.
Je retrouve Franck qui a fini en 8h42', aux alentours de la 700ème place. Ce sera la 750ème pour moi, sur environ 4000 finishers.
Cette SaintéLyon 2012 aura été magique. Je garde des images incroyables en tête, et je suis ravi
d'avoir pu la courir avec Franck. Je cours plutôt seul d'habitude, mais avoir un comparse qui court à mon rythme a été une expérience extrêmement plaisante.
Le tracé est plus technique qu'il n'y paraît car très roulant, avec de longues portions bitumées au début et à la fin et malgré tout un peu de dénivelé sur 50 km.
Il est clair que je la recourerai, peut-être l'année prochaine pour la 60ème édition qui s'annonce pleine de surprises...
Découvert ces derniers jours, voici un petit groupe de rock canadien qui envoie du bon son. C'est léger, ca s'écoute tout seul. On regrettera peut-être simplement que le chanteur n'ait pas un poil plus de coffre, mais musicalement c'est chouette.
Ca s'appelle Jesus les filles, et le titre ci-dessous, On verra.