Etant à Lyon il y a quelques jours, j'en ai profité pour aller faire un tour au MAC, le Musée d'Art Contemporain situé à côté du parc de la Tête d'Or. Au moment où j'y suis allé, c'était Robert Combas qui était à l'honneur, pour une grande rétrospective de son travail.
Je ne connaissais pas Combas (ou sans savoir que j'avais déjà vu des choses de lui), je n'avais donc pas d'a priori sur l'expo. J'ai donc été un peu surpris en pénétrant dans la première salle. Le visiteur est en effet immédiatement confronté à des toiles très crues, où le sexe est omniprésent, sous des formes parfois trash.
Sur les toiles des deux premières salles, on sent que l'artiste tâtonne, qu'il s'essaye à plusieurs choses. C'est parfois maladroit, et le style n'est pas très intéressant. Pas de quoi s'enthousiasmer ni de monter une rétrospective. Puis arrive la troisième salle. Et là on découvre ce qu'est vraiment le style Combas : de grands aplats de couleurs, rehaussés a posteriori par des bordures noires. Aucun espace n'est laissé vide, aucun élément ne reste non-bordé.
Les couleurs sont vives. L'artiste est toujours centré sur son rapport aux femmes, mais il le détaille, l'explique. Chaque peinture est d'ailleurs associée à un petit texte donnant un éclairage complémentaire. Si on se sent toujours un peu submergé par l'omniprésence de thématiques sexuelles, on commence à s'y habituer et le peintre commence de son côté à s'en détacher un peu. La salle suivante sera ainsi plus variée avec des représentations de scènes de ce que fut sa vie étant enfant à Sète. Chaque salle nous donne des détails supplémentaires sur le parcours de cet homme, nous permettant ainsi de mieux comprendre ce qui l'anime. On nous présente notamment les femmes qui ont marqué sa vie, à commencer par Geneviève.
La densité de ses toiles et le taux de remplissage extrêmement élevé de celle-ci témoignent d'une imagination foisonnante, mais probablement également d'une certaine peur du vide. Je ne suis d'ailleurs pas sûr que ses périodes de célibats aient été très longues, tellement les femmes ont l'air de jouer un rôle primordial dans son équilibre de vie.
Le deuxième étage de l'exposition sera l'occasion de découvrir les travaux réalisés par Combas autour de l'appropriation de classiques. Il a ainsi peint à sa manière des scènes mythiques de la mythologie catholique, ou des natures mortes. Cet espace communique par ailleurs grâce à un jeu de vitres avec un studio de répétition dans lequel l'artiste était en train de jouer lorsque nous y sommes allés ; des enceintes placées à côté des toiles permettaient d'entendre les sons qu'il produisait.
Le lien se fait alors avec le troisième étage qui est consacré à ses expériences musicales. Des pochettes de vinyles recouvrent les murs. Une scène est notamment montée au fond et des clips de ses chansons sont diffusés lorsqu'il ne joue pas lui-même. Je vais être très honnête avec toi, le Combas musicien ne m'a pas convaincu. Par contre, l'expo est montée de telle sorte que l'on finit par pénétrer avec un certain plaisir dans l'univers du Combas peintre. Il doit d'ailleurs être probablement à l'origine de la scénographie qui est pour le moins originale : certains murs sont laissés bruts, avec des traces de platre apparentes, d'autres pans présentent des coulures de peinture, d'autres sont simplement peints. Tous ces petits détails concourent à nous plonger dans son monde (un peu psychédélique à sa manière), à nous aider à le comprendre.
L'expo Combas c'est un des trucs chouette à faire en ce moment à Lyon (il y en a sûrement d'autres, mais n'étant pas un local, je partage avec toi ce que je connais), et c'est jusqu'au 15 juillet.